Affirmer qu’un tapis à un million de francs CFA n’est pas excessif relève, à mon sens, d’une profonde déconnexion avec la réalité sénégalaise.
Je n’ai jamais douté du fait que certains hommes politiques issus des flans du PDS ou du PS auraient besoin d’être « reformatés » à l’aune des valeurs de rigueur et d’humilité que le JUB-JUBAL-JUBANTI exige.
Après la Révolution française, la monarchie fut qualifiée d’ancien Régime » pour marquer une rupture axiologique et une nouvelle conception du bien public. De même, au Sénégal, ne devrions-nous pas rompre avec des pratiques qui trahissent les attentes du peuple ?
Certains dirigeants semblent ignorer le niveau de sous-développement de notre pays.
J’ai lu avec intérêt la reponse du ministre de l’Éducation, Moustapha Mamba Guirassy à l’honorable Guy Marius Sagna au sujet de l’achat de mobiliers de bureau. Ce qui m’a choqué, est que la somme d’un million de francs CFA pour un tapis ne semble pas etonné le ministre et cela m’inquiète profondément.
Monsieur le ministre, vous évoquez souvent des « abris provisoires » pour désigner les salles de classe où étudient des milliers d’élèves dans l’intérieur du pays. Pourtant, ces structures ne protègent ni de la pluie ni du vent. Un abri digne de ce nom devrait offrir des conditions minimales de sécurité et de confort. Où sont les priorités ?
Dans sa réponse, il déclare, je cite *« Il est commun, honorable Guy Marius Sagna, dans tous les ministères du monde qu’ils soient africains, européens ou américains d’avoir un salon de réception pour accueillir des délégations. Il ne s’agit pas de luxe, mais de protocole. »
Permettez , chers Monsieur Si un ministère sénégalais se compare à ses homologues européens ou américains, alors il y a un problème. Le Sénégalais moyen ne vit pas comme un Français ou un Américain. Au nom de quoi nos dirigeants devraient-ils s’octroyer les mêmes privilèges que ceux des pays riches, alors que nos écoles manquent de bancs et que nos hôpitaux manquent de médicaments ?
Nos ministères doivent refléter la réalité de notre pays. Oui, un tapis à un million de francs CFA est un scandale. Minimiser de tels écarts crée un précédent dangereux. Combien de dépenses similaires passent inaperçues ? Combien de responsables partagent cette mentalité ?
Il est urgent de dénoncer vigoureusement ces pratiques d’un autre temps, d’en tirer les conséquences politiques et, surtout, d’exiger des corrections immédiates.
Kamal Bèye
Responsable politique
Pastef Bergamo.
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