Une configuration inédite pour l’organisation régionale, actée au sommet de Freetown
Freetown (Sierra Leone) — Le Sénégal occupe désormais simultanément la présidence politique et la présidence exécutive de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), une première dans l’histoire de l’organisation. À l’issue de la 69ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, tenue les 18 et 19 juillet 2026 à Freetown, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a été désigné président en exercice de la CEDEAO, tandis que le général Birame Diop a été élu président de la Commission de l’organisation pour le mandat 2026-2030.
Diomaye Faye succède à Julius Maada Bio
Bassirou Diomaye Faye a été porté à la présidence en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, succédant au président sierra-léonais Julius Maada Bio, arrivé au terme de son mandat d’un an. Devant ses homologues, le chef de l’État sénégalais a plaidé pour une « CEDEAO rénovée », capable d’offrir aux populations, et en particulier à la jeunesse, la paix, la sécurité et la prospérité voulues par les pères fondateurs de l’organisation. Sa feuille de route s’annonce chargée : relance de l’intégration régionale, réponse aux crises sécuritaires et redéfinition des relations avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Birame Diop, un militaire à la tête de la Commission
Porté par la candidature soutenue depuis fin mai par Dakar, le général Birame Diop, ancien ministre des Forces armées du Sénégal, a été élu à la présidence de la Commission de la CEDEAO, où il succède au Gambien Omar Alieu Touray. Officier de carrière fort de plus de trente ans d’expérience, le général Diop a notamment été chef d’état-major général des Armées (2020-2021), chef d’état-major particulier du président de la République (2018-2020) et chef d’état-major de l’Armée de l’air (2015-2017). Il a également exercé au sein des Nations unies comme conseiller militaire du Secrétaire général chargé des opérations de paix, une expérience internationale saluée par plusieurs chefs d’État présents à Freetown.
Un sommet sous le signe de la sécurité et de l’intégration
Réunis à Freetown pour cette session consacrée à la sécurité, à la gouvernance et à l’intégration régionale, une douzaine de dirigeants ouest-africains ont abordé trois dossiers majeurs. D’abord, la situation sécuritaire dans un Sahel où les groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique poursuivent leur expansion vers les pays côtiers. Ensuite, la redéfinition des relations avec l’AES : le Mali, le Burkina Faso et le Niger ayant officiellement quitté la CEDEAO après plusieurs années de tensions marquées par les sanctions imposées à la suite des coups d’État militaires, le Conseil de médiation et de sécurité a évoqué la mise en place d’un cadre de dialogue politique, sécuritaire et économique avec ces trois pays. Enfin, la relance de l’intégration régionale, alors que des projets comme la monnaie unique et la libre circulation des personnes et des biens peinent à avancer.
Une double responsabilité pour Dakar
En cumulant la présidence politique de la Conférence et la présidence exécutive de la Commission, le Sénégal se retrouve dans une position sans précédent au sein de la CEDEAO, à la fois tête politique et tête administrative de l’organisation. Une responsabilité renforcée pour Dakar, à un moment où la CEDEAO doit se réinventer face à la fracture sahélienne et convaincre de sa capacité à porter, dans la durée, le projet d’intégration ouest-africaine.
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