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Fonds de la diaspora pour l’immobilier : une réponse attendue aux risques fonciers ?

Le gouvernement sénégalais veut transformer une partie de l’épargne de la diaspora en investissements immobiliers structurés. L’annonce de la création d’un Fonds Immobilier de la Diaspora-Sénégal, présenté comme un futur Fonds commun de placement immobilier-Diaspora Sénégal, suscite beaucoup d’espoirs chez les Sénégalais de l’extérieur. Mais derrière l’ambition économique, une question centrale demeure : ce mécanisme pourra-t-il réellement protéger la diaspora contre les risques fonciers, les arnaques et les investissements mal sécurisés ?

la réflexion engagée après la première Journée nationale de la diaspora a abouti à la proposition de création d’un Fonds Immobilier de la Diaspora-Sénégal. L’objectif affiché est de transformer les transferts financiers des Sénégalais de l’extérieur en investissements immobiliers locatifs, capables de générer des revenus réguliers pour les familles tout en constituant un patrimoine durable, sans recourir à la dette publique.

Le sujet est stratégique. Les transferts de la diaspora sénégalaise représentent, selon les autorités, près de 2 200 milliards de FCFA par an, soit environ 10 % du PIB. Ces ressources sont aujourd’hui majoritairement destinées à la consommation familiale. Le gouvernement souhaite désormais en orienter une partie vers des actifs productifs, notamment l’immobilier locatif.

Une attente forte chez les Sénégalais de l’extérieur

Pour la diaspora, l’immobilier reste l’un des investissements les plus recherchés. Acheter un terrain, construire une maison, préparer un retour au pays ou disposer d’un bien locatif est souvent perçu comme une sécurité familiale et patrimoniale. Mais pour beaucoup de Sénégalais vivant en Europe, en Amérique, en Afrique ou au Moyen-Orient, investir à distance reste un parcours difficile.

Les risques sont connus : terrains vendus plusieurs fois, absence de titre clair, intermédiaires non fiables, retards de livraison, malfaçons, surfacturations, promesses non tenues, litiges familiaux ou difficultés à suivre les procédures administratives depuis l’étranger. La distance rend le contrôle plus compliqué et expose les investisseurs à des abus.

De l’investissement affectif à l’investissement sécurisé

Pendant longtemps, l’investissement immobilier de la diaspora a reposé sur la confiance personnelle : un parent qui surveille le chantier, un ami qui cherche un terrain, un intermédiaire qui promet une bonne affaire. Cette méthode a permis à beaucoup de familles de construire au Sénégal. Mais elle a aussi produit de nombreuses déceptions.

Le Fonds Immobilier de la Diaspora pourrait changer cette logique. Il introduirait une approche plus professionnelle : collecte organisée de l’épargne, sélection de projets, gestion immobilière, transparence des rendements, suivi des actifs et répartition des revenus. L’idée n’est plus seulement de construire une maison individuelle, mais de participer à des programmes immobiliers capables de produire des revenus durables.

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