par Jules Souleymane
Révélée tardivement par la Banque mondiale, la dette dissimulée contractée sous l’ancien régime constitue un véritable crime économique contre la nation. Un fardeau moral et financier que le Sénégal, aujourd’hui en quête de vérité et de transparence, ne saurait supporter sans justice.
Cette dette hideuse, dissimulée des regards et devenue le fardeau d’un peuple entier, n’est pas une simple erreur comptable. Elle est le symbole d’une trahison collective, d’une corruption intellectuelle et morale qui a saigné le Sénégal de l’intérieur. Cette dette, dénoncée à maintes reprises par notre leader, Ousmane Sonko, bien avant son accession au pouvoir, n’est pas une découverte fortuite : elle est la confirmation éclatante de vérités qu’il proclamait depuis des années, souvent dans le silence complice des institutions.
Ousmane Sonko n’a cessé d’alerter : les chiffres de la croissance étaient artificiellement gonflés, les indicateurs économiques truqués, les bilans embellis à des fins de propagande. À l’Assemblée nationale, dans les médias, et sur toutes les tribunes où la parole pouvait encore être libre, il avait mis en garde : les statistiques qu’on exhibait comme des trophées n’étaient que des mirages, sans fondement concret ni vérification indépendante.
Et voici que le FMI , présente à l’époque où ces manipulations se tramaient, revient aujourd’hui confesser, tardivement, qu’il existait bel et bien une dette cachée. C’est là un mea culpa, une reconnaissance de culpabilité implicite — car cette institution, censée être un rempart contre les dérives financières, fut en réalité complice d’un crime économique. Oui, un crime : un crime financier d’une gravité rare, dont les victimes se comptent en milliers de vies brisées, de familles endeuillées, de femmes mortes en donnant la vie, faute d’infrastructures sanitaires adéquates.
Pendant que les fonds publics étaient détournés, le peuple sénégalais se voyait refuser l’accès à des hôpitaux modernes, à des écoles dignes, à des emplois décents.
Pendant que l’État se glorifiait de grands projets d’apparat — autoroutes, stades, arènes — il hypothéquait l’avenir de générations entières. Car cette dette ne fut pas contractée pour le développement, mais pour l’illusion du développement.
Il n’est pas de crime plus abject que celui qui spolie un peuple au nom de son propre progrès.
Et cette injustice, aujourd’hui, appelle réparation. Elle ne saurait être travestie en « chasse aux sorcières », car il ne s’agit pas ici de vengeance politique, mais de quête de justice.
C’est une chasse aux assassins de la prospérité nationale, à ceux qui continuent de parader sous nos yeux, couverts d’or volé, sans la décence ni l’humilité du silence.
La Banque mondiale, encore une fois, ne peut s’exonérer de sa part de responsabilité. Elle devait contrôler, elle devait prévenir, elle devait agir. En ne le faisant pas, elle est devenue partenaire du crime. Sa faute est celle de la complaisance ; son silence, celui du complice.
Dès lors, la question demeure : qui doit payer cette dette ?
Le régime de Macky Sall, certes, en porte la responsabilité directe. Mais les complices sont nombreux : ce sont aussi les institutions internationales, les fonctionnaires corrompus, et tous ceux qui ont fermé les yeux alors que le peuple était enchaîné par des dettes contractées en son nom, mais sans son consentement.
Nous avons pris le pouvoir avec la conviction que le mal était profond. Nous avons découvert qu’il était abyssal.
Et aujourd’hui encore, ceux-là mêmes qui ont trahi persistent à se victimiser, à politiser un dossier dont la vérité est pourtant limpide.
Qu’ils sachent ceci : la vérité finit toujours par triompher.
Un mensonge peut bâtir des palais, mais il ne fonde jamais une nation.
Mieux vaut vivre dans la pauvreté de la vérité que dans l’opulence du mensonge.
Les âmes des victimes réclament justice.
Les jeunes engloutis dans les océans réclament justice.
Les mères, les travailleurs, les mutilés, les oubliés — tous réclament justice.
Et cette justice, le peuple l’obtiendra.
Car le Sénégal nouveau se bâtira sur la transparence, la responsabilité et la vérité.
Non sur la dissimulation et le parjure.Jub, Jubal , Jubanti
PAR JULES SOULEYMANE
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