Dakar, 2 août 2025 – Face à une crise économique d’une rare intensité, le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko ont franchi un pas décisif ce vendredi à Dakar en dévoilant officiellement le Plan national de redressement économique et social, baptisé “Jubanti Komm” (Relever l’économie).
Adopté mercredi 30 juillet en Conseil des ministres, ce plan d’envergure vise à sortir le pays d’un contexte marqué par une dette publique préoccupante, une forte inflation et un ralentissement de la croissance. L’objectif : assainir les finances publiques, stimuler la production nationale et restaurer la souveraineté économique du Sénégal.
« Nous devons cesser de compter sur l’extérieur. Le Sénégal a les ressources humaines et les leviers internes pour se redresser », a affirmé le président Faye lors de la cérémonie de présentation, en présence de plusieurs membres du gouvernement, d’acteurs économiques et de la société civile.
Une stratégie de rigueur et de rupture
Le Premier ministre Ousmane Sonko, architecte du plan, a détaillé les grandes orientations :
- Mobilisation des ressources internes, notamment fiscales et minières ;
- Réduction des dépenses publiques superflues, avec la suppression de certaines institutions jugées budgétivores comme le HCCT et le CESE ;
- Recrutement de 2 000 enseignants pour renforcer le système éducatif ;
- Lancement d’un emprunt national souverain et de diaspora bonds pour impliquer les Sénégalais de l’extérieur dans le financement du développement.
Selon le gouvernement, ce plan permettrait une économie budgétaire estimée à 50 milliards FCFA dès la première année.
La diaspora, actrice stratégique du redressement
Dans une adresse solennelle, le président Faye a lancé un appel direct à la diaspora sénégalaise, qu’il qualifie de « moteur invisible de l’économie nationale ».
« Vous, nos frères et sœurs de la diaspora, vous avez toujours été là pour vos familles. Aujourd’hui, nous vous appelons à être aux côtés de la nation. Ce plan est aussi le vôtre. »
Le gouvernement entend mobiliser 1 500 milliards FCFA à travers un programme d’investissement participatif, incluant les diaspora bonds, l’investissement productif, le transfert de compétences et la facilitation administrative pour les entrepreneurs de la diaspora.
Un signal fort d’indépendance économique
Dans un contexte africain où de nombreux pays recourent encore massivement aux aides extérieures ou aux injonctions du FMI, le Sénégal affiche clairement sa volonté de reprendre le contrôle de sa trajectoire économique.
Ce plan marque également un tournant politique majeur. Il renforce la posture souverainiste du nouveau régime en place, qui souhaite sortir des logiques de dépendance et valoriser le potentiel national.
Un pari sur l’avenir
« Jubanti Komm » se veut un cadre de transformation structurelle sur le moyen terme (2025–2027) avec une feuille de route claire, des objectifs chiffrés et un mécanisme de suivi piloté par un Comité national indépendant de surveillance économique.
« Il ne s’agit plus de promesses. Il s’agit d’actes, de courage, de transparence et d’engagement. Le peuple sénégalais mérite un redressement digne et durable », a conclu le Premier ministre Sonko.
Nouvel assouplissement pour l’importation des véhicules
Dans une décision très attendue par la diaspora et les importateurs, le gouvernement autorise désormais l’entrée de véhicules d’occasion âgés jusqu’à 10 ans, contre une limite de 8 ans auparavant. Cette mesure s’applique aussi aux véhicules utilitaires et camions, pour lesquels la limite est portée à 15 ans.
Objectif affiché : faciliter l’accès à un moyen de transport abordable pour les ménages sénégalais, tout en revigorant le marché de l’occasion. Ces ajustements réglementaires visent une meilleure adéquation avec le pouvoir d’achat des citoyens
Instauration d’un e‑Visa payant pour certains visiteurs
Dans un autre volet de son programme de modernisation, le gouvernement a annoncé la mise en place d’un visa électronique (e‑Visa) obligatoire avec paiement préalable pour les ressortissants provenant de pays qui ne pratiquent pas la réciprocité avec les Sénégalais.
Cette réforme vise à simplifier et sécuriser les procédures d’entrée, tout en garantissant une meilleure couverture administrative des flux internationaux.
Les grandes orientations du plan “Jubanti Komm”
Outre ces mesures spécifiques, le Premier ministre a détaillé les axes principaux du plan :
- Mobilisation du financement national, incluant les ressources fiscales et minières.
- Réduction des dépenses publiques superflues, notamment en supprimant des institutions comme le HCCT et le CESE.
- Recrutement de 2 000 enseignants pour renforcer le système éducatif.
- Lancement de diaspora bonds afin d’impliquer les Sénégalais de l’extérieur dans le financement du développement socioéconomique.
Le plan prévoit une économie budgétaire estimée à 50 milliards FCFA dès la première année, et un financement global sans recours à l’endettement extérieur grâce à un mécanisme endogène de 4 600 milliards FCFA sur la période 2025–2028.
La diaspora au centre du dispositif
Cet ensemble de réformes comporte un volet fort destiné à la diaspora, considérée comme un acteur clé du redressement économique. Outre les diaspora bonds, les mesures sur l’importation de véhicules et la facilitation administrative (visa électronique notamment) permettent de rendre les transferts et les investissements plus fluides et sécurisés.
Une posture souveraine affirmée
En instaurant ces réformes, le gouvernement envoie un signal clair : le Sénégal mise sur ses propres moyens. Le pays se détache des logiques de dépendance traditionnelle vis-à-vis des bailleurs internationaux, à l’instar du FMI, et revendique une approche pragmatique, transparente et proche des aspirations des citoyens
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