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Maroc : la Génération Z défie le pouvoir « GenZ 212 » exige le départ d’Akhannouch et un sursaut social.

Rabat/Casablanca, mercredi 8 octobre 2025. Pour la neuvième puis dixième soirée consécutive de mobilisation, des milliers de jeunes Marocains réunis sous la bannière « GenZ 212 » ont investi les rues de plusieurs villes (Casablanca, Rabat, Agadir, Oujda, Tiznit…) pour réclamer la démission du chef du gouvernement Aziz Akhannouch et la réorientation des priorités nationales vers l’école et l’hôpital publics. Né et coordonné en ligne, le collectif a aussi écrit au roi Mohammed VI pour demander la dissolution du gouvernement—un geste inédit qui a acté l’entrée du mouvement sur le terrain institutionnel.

Étincelle et escalade

La colère a redoublé après des morts par balles lors de heurts à Leqliaa au sud d’Agadir (le 1ᵉʳ octobre) : au moins deux à trois victimes, selon des bilans de presse qui divergent, ainsi que des centaines de blessés parmi civils et forces de l’ordre. Les autorités évoquent un contexte de violences et d’attaques contre des brigades de gendarmerie ; des manifestants dénoncent une riposte disproportionnée.

Revendications : « la santé et l’école d’abord »

Au cœur des slogans : hôpitaux fonctionnels, écoles de qualité, lutte contre la corruption, emplois et pouvoir d’achat. Le mouvement fustige les dépenses jugées prioritaires pour la Coupe du monde 2030 alors que les services publics peinent, et appelle à des réformes « structurelles » plutôt que symboliques. GenZ 212 insiste sur une ligne pacifique et dit refuser la violence, tout en reconnaissant son organisation décentralisée via Discord, Instagram ou TikTok.

Bilan sécuritaire et interpellations

Les nuits les plus tendues ont vu des dégradations (véhicules et bâtiments publics incendiés, commerces vandalisés) et un important dispositif policier. Côté chiffres, Reuters fait état de 263 membres des forces blessés et 409 interpellations au 1ᵉʳ octobre ; AP évoque, elle, plus de 1 000 arrestations et des dégâts dans 23 provinces—illustrant la dispersion et l’ampleur du phénomène.

Une contestation qui s’élargit

La mobilisation ne faiblit pas : dimanche 5 octobre puis lundi 6, des cortèges ont encore eu lieu à Casablanca et ailleurs, au neuvième puis dixième jour consécutif. Cette semaine, un fait nouveau : l’enseignement supérieur en grève a annoncé rejoindre les revendications de GenZ 212, tandis que le collectif a signalé une courte pause tactique pour « faire le point » sur la stratégie, signe d’une structuration progressive.

Politiquement, plusieurs options sont évoquées : remaniement, changement de chef de gouvernement, feuille de route sociale financée et datée, ou dialogue national—en attendant un discours royal annoncé le 10 octobre que beaucoup voient comme une séquence clé. Des analyses estiment que la crise révèle les fragilités du modèle économique (inégalités régionales, chômage des jeunes, services publics sous tension) et un dessillement générationnel face aux « politiques du spectacle ».

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